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 La méditation par Guendune Rinpoché

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Khanti
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MessageSujet: La méditation par Guendune Rinpoché   Sam 8 Nov - 0:44

La méditation




texte de

Lama Guendune Rinpoché


Méditer

La pratique de la méditation peut paraître difficile. S'il y a une difficulté dans la méditation, c'est simplement parce que, là aussi, au moment où nous méditons, nous sommes préoccupés par nous-mêmes, nous cherchons quelque chose. Il n'est pas étonnant que cela crée des tensions et des diffi­cultés. La seule difficulté vient de l'intérêt personnel qui est derrière tout cela. Si nous tournons notre esprit vers les êtres, il n'est pas plus difficile de médi­ter que de faire n'importe quoi d'autre. A partir du moment où l'esprit cher­che à aider les autres, qu'il soit assis en train de méditer ou qu'il soit dans l'ac­tion, cela ne fait pas de différence. Toutes les activités vont naturellement se révéler comme des activités bénéfiques. Il n'y a plus de différence entre médi­ter et faire quelque chose d'autre: dans les deux cas, l'esprit est heureux parce qu'il n'y a pas d'implication égoïste, il n'y a pas cette inquiétude pour nous­-mêmes qui crée des difficultés et des tensions. Tensions et difficultés sont toujours causées par l'attente personnelle, l'intérêt égoïste. Si l'entraînement à l'esprit d'éveil, l'échange de nous-mêmes avec les autres, s'effectue quotidiennement dans les actes les plus ordinaires, dans le travail, dans la vie de tous les jours, nous n'aurons alors pas de difficultés à le mettre en œuvre dans la méditation. Cette intention altruiste s'applique à tout le monde sans par­tialité. L'amour d'un bodhisattva est un amour universel, inconditionnel, qui ne juge pas les êtres et ne les classe pas en bons ou mauvais, amis ou ennemis ou encore indifférents. C'est ce qui fait toute la différence justement entre l'a­mour altruiste, la compassion altruiste du bodhisattva et un amour fait d'at­tachement. La méditation consiste à prendre conscience que l'esprit est tout le temps lié par l'attachement aux amis, par l'aversion envers les ennemis et par l'indifférence envers les autres; tout notre être, tout notre comporte­ment, toutes nos réactions, sont dictés par ces trois formes de relation avec les êtres et le monde. Méditer veut dire s'entraîner à voir en nous-mêmes comment nous sommes liés, comment nous sommes prisonniers de nous­-mêmes, prisonniers de l'attachement, prisonniers de l'aversion, prisonniers de l'indifférence, et apprendre à défaire ces liens qui nous emprisonnent. Méditer n'a rien à voir avec le fait d'avoir des visions, de voir des couleurs, des formes bizarres ou d'avoir des expériences hallucinogènes. Il s'agit de s'habituer à prendre conscience de notre esprit, de ce qui le fait agir, de voir en nous toutes les tendances égoïstes qui demeurent et d'apprendre à les défaire et à s'en débarrasser, jusqu'à les déraciner complètement. Il n'est pas question de chercher à attraper encore quelque chose que nous n'aurions pas. Et quand il n'y a plus ces tendances, nous arrivons au terme de la méditation, l'esprit est devenu complètement positif et altruiste, il n'y a plus rien à médi­ter. Regardons s'il y a encore une inquiétude, une attente ou une souffrance qui demeurent dans notre méditation.




Chiné ou la pacification de l'esprit

Il ne nous manque rien pour méditer car il n'y a rien à chercher en dehors de nous-mêmes. Regardons simplement en nous-mêmes. Percevons les liens de l'attachement, de l'aversion et de l'indifférence pour nous en défaire. Il ne s'agit pas de nous remplir un peu plus mais, au contraire, de nous débarras­ser de ce qu'il y a en trop. C'est ce mouvement de l'intérieur vers l'extérieur qui est le mouvement juste de la méditation, et non pas l'inverse. Quand tou­tes les formes de conditionnements et de liens ont été éliminées, purifiées, il ne reste rien d'autre à faire. Il n'y a pas autre chose à mettre à la place, il n'y a pas quelque chose de plus à trouver qui ne soit pas là. Ce sont les condi­tionnements qui empêchent de voir ce qui est déjà en nous-mêmes. En pratiquant la méditation et en entraînant notre esprit à se
défaire de ses liens, celui-ci va se calmer, se poser et nous allons connaître une forme de stabilité mentale jusqu'alors inconnue. Cette stabilité va permettre aux qualités inhé­rentes de l'esprit de se révéler petit à petit. Plus l'esprit est posé, plus il est stable, plus la dimension de conscience présente apparaît. C'est en même temps une dimension de lucidité, de luminosité. Avec cette clarté mentale, se mani­feste aussi un aspect de bien-être, de complète détente et d'ouverture. Plus cette conscience se développe, plus elle nous amène à une expérience de vacuité, à la perception de l'essence vide de toute chose: nous-mêmes, nos percep­tions, notre corps, notre esprit et ce qui nous entoure. Plus l'esprit se pose et pénètre cette expérience de vacuité, plus les qualités de luminosité, de bon­heur et de non-conceptualité se révèlent. Nous arrivons à un état de pacifi­cation de toutes les formes d'émotions, de perturbations mentales. La capa­cité de demeurer absorbé dans cet état tout le temps, jour et nuit, quelle que soit l'activité que l'on entreprenne, est ce qui est appelé: l'absorption ou le samadhi de chiné. C'est le développement de cette stabilité de l'esprit par le détachement qui conduit à l'expérience des qualités naturelles de l'esprit.




Lhaktong ou la vision pénétrante

Une fois que l'on a mené l'esprit à cet état de stabilité, les différentes expé­riences de méditation liées à chiné, la pacification mentale, puis à lhaktong, la vision pénétrante, apparaissent naturellement. Une nouvelle difficulté s'é­lève lorsque nous opérons une saisie sur ces manifestions. Cette saisie sur l'expérience va complètement bloquer toute possibilité d'évolution. Le fait que ces expériences s'élèvent est quelque chose de normal, tout à fait dans l'ordre des choses. A ce moment-là, il faut regarder directement celui qui commente l'expérience. En regardant, en observant le penseur, on s'aperçoit que l'observateur lui-même est vide et n'existe pas en tant que tel. Cela dis­sout la saisie d'un sujet. A l'inverse, si nous rencontrons beaucoup de diffi­cultés, beaucoup d'agitation, sans arriver à poser l'esprit, nous jugeons notre méditation de manière négative. Là aussi, regardons l'essence de ce com­mentateur: il n'y a personne, il n'y a rien en tant que tel, c'est simplement une idée, une dimension mentale et rien d'autre. Petit à petit, nous allons développer la capacité de nous libérer de l'attachement à la pensée. Toutes les pensées vont se transformer en support de libération. Quand la nature des pensées se révèle en tant que dimension intrinsèquement éveillée, nous arri­vons au terme de la pratique: c'est la réalisation de la nature de l'esprit comme étant le dharmakaya. La "conscience ordinaire" se révèle, c'est-à-dire que l'esprit se connaît lui-même. L'esprit est connu par l'esprit. Ce qu'il voit, c'est lui-même, c'est sa dimension éveillée comme existant de toute origine, comme étant sa vraie nature, comme étant sa réalité de toujours. Il n'y a rien d'autre que l'esprit qui se connaît lui-même et qui se reconnaît en lui-même. Sinon l'esprit, en cherchant vers l'extérieur, se demande toujours où il est, il court après lui-même en s'exclamant : "Vous n'avez pas vu passer l'esprit ?"




Défauts dans la méditation

Quand nous méditons, nous nous mettons dans un état artificiel, une sorte de transe. C'est le défaut le plus commun. Il y a différentes sortes de transes chez les méditants. Certains ont le corps tout raide car ils sont très tendus. Ils mettent beaucoup de force dans la méditation et attendent désespérément la lumière. La seule expérience qu'ils ont en général, c'est le mal de tête. D'autres cherchent plutôt à s'intérioriser pour trouver la conscience en eux­-mêmes, mais ils semblent devenir complètement stupides. Il y a ceux qui essaient désespérément de se poser car ils ont peur que " ça s'agite et que ça remonte ". Il y en a d'autres qui cherchent en face d'eux. Ils essaient de voir quelque chose apparaître et ils sont dans une totale dualité. Voilà quelques portraits-robots de méditants et de leurs déviations principales. Cela repré­sente beaucoup de souffrance et de difficulté dans la méditation. C'est pour cela qu'il faut en parler et dire à chacun ce qui ne va pas, pour qu'il ait une chance de s'en rendre compte un jour, sinon cela peut continuer ainsi pen­dant des années et des années. Un autre défaut commun à tous est de croire qu'il faudrait vider son esprit, avoir un esprit sans aucune pensée, sans aucu­ne activité mentale et arriver ainsi à une sorte d'hibernation. On essaie de se ratatiner, de se rétrécir, de faire rentrer l'esprit dans une espèce de boîte où il n'y aurait plus rien. Cela vient justement d'une compréhension fausse de la méditation. Pour méditer, il faut des pensées. Qui médite, s'il n'y a pas de créations mentales ? Si la méditation, c'est être sans pensées, alors cette table doit être en train de méditer, de bien méditer même! Dans la méditation, nous laissons les pensées s'élever sans les saisir, sans vouloir faire quelque chose avec. Méditer, ce n'est pas essayer de se débarrasser de ses pensées, de faire le vide, ce n'est pas non plus essayer d'attraper ou de cultiver une pen­sée particulière et de s'en tenir à celle-là, et à celle-là seulement, sans vouloir en laisser passer une autre. Ces extrêmes ne créent que des tensions et des blo­cages. Nous apprenons au contraire à mener l'esprit à un état d'ouverture complètement inobstrué, sans chercher à faire quelque chose avec nos pen­sées. Nous restons simplement conscients de leur apparition en posant un regard direct dessus. Quand nous regardons la pensée, c'est l'esprit que nous voyons; quand nous regardons l'esprit, rien n'est vu en tant que tel. Progressivement, nous apprenons à prendre conscience des pensées, ensuite à prendre conscience de l'esprit à travers les pensées, puis à reconnaître la natu­re de l'esprit. Quand toutes les pensées s'élèvent dans leur vacuité intrinsèque comme étant l'essence vide de l'esprit, les pensées sont alors libérées, l'esprit est libéré. Les pensées s'élèvent alors comme dharmakaya, la dimension fon­damentale de l'esprit naturellement éveillé, naturellement conscient. Cela demande du temps. Il est important de savoir dans quelle direction évoluer pour ne pas partir sur une fausse piste, pour ne pas méditer sur la base d'i­dées fausses, en cherchant justement à éliminer les pensées ou à maintenir son esprit rivé à une seule pensée. Laissons l'esprit être ce qu'il est dans sa créativité, dans sa souplesse, dans sa richesse naturelle et petit à petit nous apprendrons à pénétrer l'essence de l'esprit à travers la reconnaissance des pensées et de l'esprit lui-même.







* Chiné ou shamatha

* Lhaktong ou vipassana
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